Histoire du sionisme
Le sionisme n’a besoin ni d’un pamphlet de plus ni d’une apologie de plus. Il existe des archives, des résolutions des Nations unies, des bibliothèques entières qui se citent mutuellement sans que personne n’en tire une généalogie claire. Presque tout ce qui a été écrit sur le sujet se répartit entre deux issues également confortables, l’apologie institutionnelle, qui traite chaque décision d’État comme une réponse inévitable à une menace sans acteurs ni alternatives, et la fabulation conspirationniste, qui substitue à l’analyse politique le soupçon ethnique et finit par accuser un peuple entier de ce qu’ont fait un congrès, une armée et une poignée d’hommes au nom propre. Cette série n’offre ni l’une ni l’autre. Il n’y a ici aucune essence qui explique quoi que ce soit. Il y a un projet politique né dans une salle de Bâle en 1897, soutenu ensuite par des institutions concrètes, et aujourd’hui incarné par des décisions signées par des personnes identifiables, avec une fonction, un nom, une biographie.
El Estado del Crimen est une série documentaire en onze épisodes. Elle couvre la période qui va du premier congrès sioniste de Bâle, en 1897, à la campagne militaire à Gaza qu’un nombre croissant de spécialistes en études génocidaires considère déjà consommée. Ce n’est ni une chronologie exhaustive ni un essai d’opinion. C’est une dissection. Chaque épisode examine un maillon de la chaîne qui a transformé un mouvement politique minoritaire en un appareil d’occupation, de guerre et de lobbying diplomatique protégé depuis des décennies par ses alliés occidentaux.
Le parcours a une forme reconnaissable, même si chaque épisode garde ses propres découvertes. Il commence par la généalogie d’une idée politique et les courants internes qui se la sont disputée dès le premier jour. Il se poursuit avec le moment où cette idée devient mandat, migration massive et État, entraînant avec elle une guerre fondatrice dont les chiffres restent disputés quatre-vingts ans plus tard. Il traverse les décennies d’expansion territoriale et de consolidation militaire jusqu’au présent, un appareil qui combine colonisation administrée, lobbying transnational, alliances sécuritaires et impunité diplomatique construite couche par couche. Il se termine là où se termine toute structure de pouvoir qui se croit indiscutable, dans la question de savoir qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, ose la nommer. Aucun empire ne s’appelle lui-même empire. Aucun système d’impunité ne s’appelle lui-même impuni. Cette série les appelle par leur nom.
Les épisodes sont publiés chaque samedi à partir du 1er août 2026. Cet espace regroupe l’index complet et se met à jour à chaque nouvelle publication. Le lecteur peut entrer par n’importe quel point, mais la logique de la série est cumulative, ce qui se comprend au onzième épisode dépend de ce qui a été construit dans le premier.
G.S.
Les sources de cette série sont des documents officiels, des archives judiciaires et diplomatiques, des rapports d’organismes internationaux, des recherches académiques contrastées et, le cas échéant, des sources israéliennes et juives critiques du sionisme, citées explicitement comme telles. Lorsqu’une affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante, elle est signalée comme telle. La qualification de génocide appliquée à la campagne militaire à Gaza est présentée comme une conclusion motivée et sourcée, non comme un fait déjà tranché juridiquement par la Cour internationale de justice, qui à la date de cette publication ne s’est prononcée que sur des mesures conservatoires. La série a commencé à être publiée le 1er août 2026, à raison d’un épisode chaque samedi.













