ANNÉE II  ·  N° 594  ·  DIMANCHE 26 JUILLET 2026

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AcidReport

SÉRIE «L’ÉTAT DU CRIME»

SÉRIE DOCUMENTAIRE · 11 ÉPISODES
PREMIER ÉPISODE LE 1ER AOÛT

Histoire du sionisme

Le sionisme n’a besoin ni d’un pamphlet de plus ni d’une apologie de plus. Il existe des archives, des résolutions des Nations unies, des bibliothèques entières qui se citent mutuellement sans que personne n’en tire une généalogie claire. Presque tout ce qui a été écrit sur le sujet se répartit entre deux issues également confortables, l’apologie institutionnelle, qui traite chaque décision d’État comme une réponse inévitable à une menace sans acteurs ni alternatives, et la fabulation conspirationniste, qui substitue à l’analyse politique le soupçon ethnique et finit par accuser un peuple entier de ce qu’ont fait un congrès, une armée et une poignée d’hommes au nom propre. Cette série n’offre ni l’une ni l’autre. Il n’y a ici aucune essence qui explique quoi que ce soit. Il y a un projet politique né dans une salle de Bâle en 1897, soutenu ensuite par des institutions concrètes, et aujourd’hui incarné par des décisions signées par des personnes identifiables, avec une fonction, un nom, une biographie.

El Estado del Crimen est une série documentaire en onze épisodes. Elle couvre la période qui va du premier congrès sioniste de Bâle, en 1897, à la campagne militaire à Gaza qu’un nombre croissant de spécialistes en études génocidaires considère déjà consommée. Ce n’est ni une chronologie exhaustive ni un essai d’opinion. C’est une dissection. Chaque épisode examine un maillon de la chaîne qui a transformé un mouvement politique minoritaire en un appareil d’occupation, de guerre et de lobbying diplomatique protégé depuis des décennies par ses alliés occidentaux.

Le parcours a une forme reconnaissable, même si chaque épisode garde ses propres découvertes. Il commence par la généalogie d’une idée politique et les courants internes qui se la sont disputée dès le premier jour. Il se poursuit avec le moment où cette idée devient mandat, migration massive et État, entraînant avec elle une guerre fondatrice dont les chiffres restent disputés quatre-vingts ans plus tard. Il traverse les décennies d’expansion territoriale et de consolidation militaire jusqu’au présent, un appareil qui combine colonisation administrée, lobbying transnational, alliances sécuritaires et impunité diplomatique construite couche par couche. Il se termine là où se termine toute structure de pouvoir qui se croit indiscutable, dans la question de savoir qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, ose la nommer. Aucun empire ne s’appelle lui-même empire. Aucun système d’impunité ne s’appelle lui-même impuni. Cette série les appelle par leur nom.

Les épisodes sont publiés chaque samedi à partir du 1er août 2026. Cet espace regroupe l’index complet et se met à jour à chaque nouvelle publication. Le lecteur peut entrer par n’importe quel point, mais la logique de la série est cumulative, ce qui se comprend au onzième épisode dépend de ce qui a été construit dans le premier.

G.S.

Note méthodologique

Les sources de cette série sont des documents officiels, des archives judiciaires et diplomatiques, des rapports d’organismes internationaux, des recherches académiques contrastées et, le cas échéant, des sources israéliennes et juives critiques du sionisme, citées explicitement comme telles. Lorsqu’une affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante, elle est signalée comme telle. La qualification de génocide appliquée à la campagne militaire à Gaza est présentée comme une conclusion motivée et sourcée, non comme un fait déjà tranché juridiquement par la Cour internationale de justice, qui à la date de cette publication ne s’est prononcée que sur des mesures conservatoires. La série a commencé à être publiée le 1er août 2026, à raison d’un épisode chaque samedi.

01
Bâle, 1897, la naissance d’un projet politique

Le premier congrès sioniste et la fracture fondatrice entre courants que le siècle n’a jamais résolue.
1 août 2026 · prochainement
02
La généalogie idéologique, de Ahad Ha’am à Jabotinsky

Du sionisme culturel au Mur de fer, la doctrine qui gouverne aujourd’hui Israël.
8 août 2026 · prochainement
03
Balfour et le mandat britannique

Une phrase ambiguë et trois décennies de colonisation sous mandat.
15 août 2026 · prochainement
04
La Shoah comme accélérateur, l’immigration et la légitimation internationale

Comment l’extermination européenne a rendu indiscutable, presque du jour au lendemain, un projet d’État.
22 août 2026 · prochainement
05
1948, la Nakba et la naissance d’Israël

La guerre, le partage de l’ONU et l’exode palestinien qu’Israël documente et conteste.
29 août 2026 · prochainement
06
Les guerres, 1956-1973, l’expansion territoriale et la victoire du révisionnisme

Suez, 1967, 1973, et l’ascension politique du révisionnisme.
5 septembre 2026 · prochainement
07
La colonisation, l’apartheid documenté

La Cisjordanie selon Amnesty International et Human Rights Watch.
12 septembre 2026 · prochainement
08
AIPAC et le lobbying américain

Comment il fonctionne, qui le finance, ce qu’il achète au Congrès.
19 septembre 2026 · prochainement
09
Ingérences et alliances au-delà des États-Unis

Armes, coopération sécuritaire et influence sur les politiques migratoires européennes.
26 septembre 2026 · prochainement
10
Gaza, la qualification de génocide

La plainte sud-africaine devant la Cour internationale de justice et les rapports de Francesca Albanese.
3 octobre 2026 · prochainement
11
Les voix dissidentes et le bilan de l’impunité

Du Bund à B’Tselem, les sources israéliennes qui documentent ce que le pouvoir nie.
10 octobre 2026 · prochainement
Gabriel Schwarb

À PROPOS DE L'AUTEUR

Gabriel Schwarb

Gabriel Schwarb est né entre frontières, a grandi entre les langues et a appris à lire le pouvoir avant les livres qui prétendaient l'expliquer. Écrivain suisse-colombien, fondateur et directeur éditorial d'AcidReport, un média trilingue sans affiliation, sans marketing et sans sponsors qui publie depuis la Suisse en espagnol, en français et en anglais. Il ne publie pas pour plaire. Il publie pour répondre. Dans le monde de la communication visuelle depuis 1997, il abandonne délibérément le confort esthétique pour se plonger dans l'analyse, les archives et la confrontation textuelle. Il construit AcidReport comme on construit une archive en temps de ruine, avec méthode, avec urgence et avec mémoire.

Écrire depuis la Suisse, cœur géographique de la finance mondiale, sur les périphéries que cette même finance organise n'est pas une contradiction. C'est la méthode. La distance ne produit pas la neutralité, elle produit la perspective. Son style est direct, analytique, dépouillé, plus proche de la dissection que de la métaphore. Sa méthode combine vérification stricte des sources, travail d'archives, OSINT et révision publique des erreurs. Pour lui, l'écriture n'est pas une aspiration littéraire. C'est un instrument d'analyse, un espace de dénonciation et un exercice de lucidité face aux structures qui préfèrent ne pas être nommées.

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