ANNÉE II  ·  N° 575  ·  SAMEDI 4 JUILLET 2026

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SÉRIECOLOMBIE

SÉRIE EL LARGO FUEGO EP06
Le paramilitarisme comme forme de gouvernement

En 1997, quand les frères Castaño réunirent les autodéfenses paysannes de Córdoba, du Magdalena Medio et des Llanos Orientales sous une seule bannière, ils ne fondèrent pas une armée irrégulière de plus parmi tant d’autres qui peuplaient déjà la carte colombienne. Ils fondèrent une administration parallèle, financée par des éleveurs, des agro-industriels et des narcotrafiquants, qui pendant près d’une décennie gouverna des territoires entiers avec une efficacité que l’État légal n’atteignit jamais et ne chercha jamais à atteindre. Les Autodefensas Unidas de Colombia ne furent pas un accident de la guerre ni une réaction spontanée de paysans excédés par l’extorsion guérillera, comme le soutient encore une certaine mémoire officielle. Elles furent une technique de gouvernement, délibérée et rentable, qui remplaça l’État absent là où la réforme agraire ne vint jamais, et qui laissa, en se démobilisant entre 2003 et 2006, une architecture de pouvoir que le pays ne parvient toujours pas à démonter.

I. Convivir, le vernis légal d’une armée privée

En 1994, le gouvernement d’Ernesto Samper autorisa, par décret, la création des Convivir, coopératives de surveillance et de sécurité privée pensées comme un pont entre civils armés et forces publiques dans les zones de forte présence guérillera. La justification officielle parlait de collaboration citoyenne. La pratique fut tout autre. À Urabá et à Córdoba, les mêmes zones où opéreraient ensuite les blocs paramilitaires les plus meurtriers du pays, les Convivir servirent de façade légale à des structures qui existaient déjà de facto, financées par des éleveurs et des agro-industriels qui considéraient la vacuna guérillera comme un impôt insupportable et qui préféraient payer pour une protection privée plutôt que de négocier avec l’État une réforme agraire qui n’arrivait jamais.

Les frères Castaño ne partaient pas de rien. Fidel Castaño avait acheté des terres à Urabá et à Córdoba depuis le milieu des années quatre-vingt, souvent par la violence directe contre des paysans qui refusaient de vendre, construisant un corridor stratégique pensé pour le narcotrafic avant la contre-insurrection. Après sa mort en 1994, Carlos et Vicente héritèrent du commandement et consolidèrent les Autodefensas Campesinas de Córdoba y Urabá, l’ACCU, en intégrant des ex-guérilleros démobilisés de l’EPL qui contrôlaient en 1994 Turbo, Apartadó, Carepa et Chigorodó et qui décidèrent de s’allier avec ceux qu’ils combattaient auparavant pour survivre face aux FARC. Le recyclage d’ex-combattants dans de nouvelles structures armées, thème qui traverse toute cette série depuis l’épisode consacré à l’ELN et au M-19, trouva ici l’une de ses versions les plus cyniques, non vers la vie civile mais vers une autre guerre.

En 1996, l’ACCU avait lancé une offensive vers le Nudo de Paramillo dans le but de contrôler un corridor par lequel circulaient armes, drogue et hommes entre deux océans. L’Armée nationale reconnaîtrait des années plus tard, devant la Comisión de la Verdad, que les Convivir étaient devenues une arme à double tranchant, un mécanisme que l’État lui-même avait autorisé et qui finit par renforcer exactement les acteurs qu’il prétendait vouloir contenir.

En Antioquia, l’impulsion donnée aux Convivir eut un nom et une fonction. Álvaro Uribe Vélez, gouverneur du département entre 1995 et 1997, promut activement ces coopératives aux côtés de son secrétaire au Gouvernement, Pedro Juan Moreno Villa, jusqu’à atteindre quatre-vingt-sept associations autorisées dans le seul département. Des magistrats du Tribunal Superior de Medellín souligneraient des années plus tard que la période de plus forte expansion paramilitaire dans la région coïncida exactement avec cette gouvernance, sans que la justice n’ait établi à ce jour de responsabilité pénale directe contre Uribe sur ce point précis.

Son frère Santiago Uribe Vélez, lui, fut condamné, dans un dossier distinct et antérieur dans le temps aux faits de cet épisode. La Corte Suprema de Justicia confirma en juin 2026, sans possibilité de recours, la condamnation à vingt-huit ans et trois mois de prison prononcée contre lui pour avoir formé et dirigé Los Doce Apóstoles, un groupe paramilitaire actif à Yarumal, nord de l’Antioquia, entre la fin des années quatre-vingt et 1994, et que la Cour elle-même qualifia de politique d’extermination constitutive de crimes contre l’humanité, exécutée avec l’appui, par action ou omission, d’agents de l’État, surtout de la Police. La coïncidence familiale, géographique et chronologique entre les deux épisodes ne prouve rien sur le premier. Mais elle établit, par un jugement définitif, ce qui pour le second demeure documenté sans être tranché, à savoir que le paramilitarisme antioqueño des années quatre-vingt-dix ne fut pas une force anonyme venue de nulle part. Il eut des noms de famille connus, certains déjà jugés, d’autres pas encore.

II. La fédération de la terreur, 1997

Le 18 avril 1997, Carlos et Vicente Castaño convoquèrent à Córdoba les autodéfenses de Boyacá, celles dirigées par Ramón Isaza dans le Magdalena Medio et celles des Llanos Orientales. L’objectif n’était pas seulement militaire. Il était politique. Naquit ainsi la fédération des Autodefensas Unidas de Colombia, avec un commandement unifié, une aspiration à être reconnue comme interlocuteur face à l’État et, surtout, un plan d’expansion nationale qui passerait en quelques années de neuf structures fondatrices à près de quarante blocs et fronts régionaux.

L’argent provenait de trois sources qui se renforçaient mutuellement. Éleveurs et agro-industriels des zones d’expansion payaient des quotas de protection en échange de quoi les AUC chassaient la guérilla et garantissaient l’ordre que l’État n’imposait pas. Des entreprises pétrolières et charbonnières, nationales et étrangères, financèrent directement ou indirectement la sécurité de leurs opérations dans des régions où l’autodéfense devint sous-traitant de facto de l’extraction. Et le narcotrafic, qui selon Carlos Castaño lui-même représentait jusqu’à soixante-dix pour cent des revenus de l’organisation, finit par définir la logique territoriale de l’expansion, suivant les routes et les cultures avant toute autre variable. Washington désigna les AUC comme organisation terroriste internationale en 2001, une étiquette qui cohabita sans contradiction apparente avec la connivence que des secteurs de l’appareil de sécurité colombien lui-même entretenaient avec l’organisation sur le terrain.

En l’an 2000, les AUC opéraient déjà à Urabá, Córdoba, Magdalena Medio, Casanare et dans une bonne partie des Llanos Orientales. Ce n’était pas une guérilla de droite au sens classique. C’était une fédération d’entreprises armées avec une vocation de gouvernement régional, capable de fixer des impôts, d’administrer une justice sommaire et de décider qui vivait et qui ne vivait pas sur les territoires sous son contrôle.

Les statuts mêmes de la fédération, rédigés dans ses premières années, parlaient d’un plan politique national et d’une vocation à dialoguer avec l’État comme acteur belligérant, non comme simple délinquance organisée. Cette aspiration explique pourquoi, à la différence d’un cartel de narcotrafic classique, les AUC bâtirent des mairies parallèles, financèrent des campagnes électorales locales et régionales et allèrent jusqu’à fixer un impôt à l’hectare dans les zones d’élevage sous leur contrôle, une quote-part fixe qui se substituait de facto à toute fiscalité étatique. Gouverner, pour les AUC, n’était pas une métaphore.

III. Territoire sous contrôle, des morts pour le prouver

Le contrôle territorial des AUC ne reposa pas sur la persuasion. Il reposa sur la terreur appliquée avec méthode, testée d’abord puis répétée jusqu’à devenir routine administrative.

Mapiripán marqua le modèle. Entre le 15 et le 20 juillet 1997, une centaine d’hommes de l’ACCU s’envolèrent d’Urabá dans deux avions, furent accueillis par des véhicules officiels à l’aéroport de San José del Guaviare et exécutèrent pendant cinq jours la population désignée comme collaboratrice de la guérilla, jetant une bonne partie des corps dans le fleuve Guaviare pour qu’on ne les compte jamais. La Corte Interamericana de Derechos Humanos reconnut en 2005 au moins quarante-neuf victimes, un chiffre que le parquet lui-même remit en cause des années plus tard en documentant des fraudes dans le versement d’indemnisations à des personnes qui n’étaient jamais mortes là-bas. Ce qui ne souffre aucune contestation, c’est la condamnation. Le général Jaime Humberto Uscátegui, commandant de la brigade compétente sur la zone, fut condamné à trente-sept ans de prison, non pour avoir participé au massacre mais pour l’avoir omis, pour avoir su suffisamment à l’avance ce qui allait se produire sans l’empêcher.

El Salado répéta la formule à plus grande échelle. Entre le 16 et le 21 février 2000, près de quatre cent cinquante hommes du Bloque Norte et du Bloque Héroes de los Montes de María occupèrent le hameau pendant six jours, rassemblèrent une bonne partie de la population sur le terrain de football du village et exécutèrent, selon le décompte du Centro Nacional de Memoria Histórica, au moins soixante personnes, un chiffre que des enquêtes ultérieures du parquet portèrent à plus d’une centaine. Un hélicoptère militaire survola la zone avant le début du massacre. L’infanterie de marine, chargée de protéger la région, arriva trois jours après que tout fut terminé.

Trujillo, dans le Valle del Cauca, entre 1988 et 1994, avait montré bien avant que le même scénario se répétait depuis longtemps avant même que le sigle AUC n’existe.

Selon le rapport ¡Basta ya! du Centro Nacional de Memoria Histórica, les groupes paramilitaires furent responsables de 58,9% des 1 982 massacres documentés entre 1980 et 2012 en Colombie, soit 1 167 faits.

Mapiripán et El Salado ne furent pas les cas les plus sanglants. Ils furent les mieux documentés. Le chiffre global du Basta ya confirme que les deux appartiennent à un schéma, non à un excès ponctuel. Dans un conflit à quatre acteurs armés principaux, un seul concentra près de six massacres sur dix. Le but n’était pas simplement d’éliminer des ennemis, il était de fixer un précédent rendant inutile la répétition du châtiment, d’expulser des populations entières de zones à valeur stratégique ou économique, et d’occuper les terres qui se vidaient après le déplacement. La Contraloría estima qu’entre 1995 et 2004, dans les années de plus forte expansion paramilitaire, plus de huit millions d’hectares furent abandonnés ou spoliés par la force dans tout le pays. Le grief agraire que cette série retrace depuis la grève bananière de 1928 ne fut pas résolu par les AUC. Il s’approfondit, avec une couche supplémentaire de spoliation qui fit de la concentration de la terre le résultat direct, et non accidentel, d’une campagne de terreur soutenue pendant près d’une décennie.

IV. La connivence institutionnelle et la parapolítica

Aucun acteur armé de cette ampleur n’opère pendant une décennie sans appui, tolérance ou participation directe de secteurs de l’État. La Comisión de la Verdad et le Centro Nacional de Memoria Histórica ont documenté des schémas de connivence entre unités de l’Armée, la Police et des structures paramilitaires dans des régions entières, depuis la fourniture de renseignements jusqu’à la coordination d’opérations conjointes. Ce ne fut pas une exception régionale isolée. Ce fut, dans de nombreux territoires, la manière normale dont l’État exerçait sa présence militaire.

La dimension politique de cette connivence porte un nom propre, la parapolítica. Le scandale éclata au milieu des années deux mille, quand la Corte Suprema commença à condamner des parlementaires pour liens directs avec des chefs paramilitaires. À la clôture des procédures judiciaires, près de soixante parlementaires avaient été condamnés et plus de cent cinquante avaient été mis en examen, soit près d’un tiers du Congrès élu lors des élections de 2002. Beaucoup d’entre eux avaient signé le Pacto de Ralito, un accord de juillet 2001 par lequel des responsables politiques régionaux s’étaient engagés à refonder le pays selon les termes des AUC, un document que ses propres signataires reconnaîtraient ensuite devant la justice. La continuité avec des épisodes antérieurs de cette série s’impose. L’extermination de l’Unión Patriótica entre 1984 et le début des années quatre-vingt-dix, des milliers de militants assassinés par des réseaux paramilitaires et des agents étatiques en connivence documentée, ne fut pas un précédent isolé du paramilitarisme des années quatre-vingt-dix. Elle en fut la répétition générale, la preuve que l’élimination physique d’une alternative politique pouvait s’exécuter dans une quasi-impunité totale.

Cette même logique institutionnelle, celle de tolérer ou de produire directement de la violence illégale en échange de résultats sécuritaires, réapparut sous une autre forme entre 2002 et 2008, durant les années de plus forte intensité de la politique de Seguridad Democrática, quand des civils sans aucun lien avec la guérilla commencèrent à apparaître morts et vêtus d’uniformes pour compter comme pertes au combat.

La Jurisdicción Especial para la Paz a documenté qu’entre 2002 et 2008, au moins 6 402 civils colombiens furent assassinés et présentés illégitimement comme des pertes au combat, un chiffre que cette même juridiction a porté en 2026 à 7 837 cas en élargissant la période d’enquête entre 1990 et 2016.

Le paramilitarisme et les falsos positivos ne furent pas des phénomènes parallèles ayant coïncidé dans le temps par hasard. Ils partagèrent la même racine, un appareil de sécurité disposé à produire des morts comme métrique d’efficacité et un système politique disposé à détourner le regard tant que les résultats servaient le récit officiel.

V. Le désarmement qui n’a rien désarmé

En juillet 2003, le gouvernement d’Álvaro Uribe signa avec les AUC l’Accord de Santa Fe de Ralito, avec pour objectif de démobiliser près de vingt mille combattants avant 2005. Le délai fut repoussé jusqu’en août 2006. Entre le Bloque Cacique Nutibara, démobilisé à Medellín en novembre 2003, et le dernier des trente-huit actes collectifs de remise des armes, le gouvernement rapporta 31 671 ex-combattants démobilisés et 18 051 armes remises. Des enquêtes ultérieures du Centro Nacional de Memoria Histórica suggèrent que la force réelle des AUC au moment de la négociation tournait entre quatorze mille et seize mille combattants, et que le chiffre final fut gonflé, avec l’accord tacite des deux parties, pour donner davantage de poids politique au processus.

Sur l’ensemble des démobilisés, seuls 4 588 furent présentés à la Ley de Justicia y Paz, la loi 975 de 2005, qui exigeait une confession complète en échange de peines réduites de cinq à huit ans. L’immense majorité des combattants de base resta hors de ce cadre, couverte des années plus tard par un mécanisme plus souple, la loi 1424 de 2010, sans exigence judiciaire réelle. Le 13 mai 2008, en plein processus de confessions qui commençaient à gêner des secteurs politiques et économiques, le gouvernement extrada de manière surprise quatorze chefs paramilitaires majeurs vers les États-Unis pour y être jugés pour narcotrafic, une décision que des organisations de victimes dénoncèrent comme une clôture forcée de la vérité judiciaire en Colombie, précisément quand celle-ci commençait à désigner des responsables.

Vicente Castaño ne se présenta jamais au point de concentration fixé pour août 2006. Sa disparition, jamais confirmée avec certitude, coïncida avec l’émergence de nouvelles structures que le gouvernement d’Uribe baptisa lui-même d’un euphémisme administratif, bandes criminelles, Bacrim. Los Urabeños, devenus ensuite Autodefensas Gaitanistas de Colombia et connus aujourd’hui sous le nom de Clan del Golfo, aux côtés de Los Rastrojos, des Águilas Negras et d’autres sigles mineurs, héritèrent des routes, des territoires, des réseaux de complicité locale et, dans bien des cas, des mêmes cadres intermédiaires qui avaient signé leur démobilisation des années plus tôt. Le désarmement fut réel sur le papier. Sur le terrain, la technique de gouvernement paramilitaire changea simplement de nom.

Conclusion

Rien de tout cela ne s’inscrit dans le récit d’une guerre entre deux camps clairement définis. Les AUC naquirent d’un vide étatique, grandirent avec le financement d’élites régionales légales, se soutinrent avec l’argent du narcotrafic, bénéficièrent d’une complicité documentée de secteurs de l’État et se démobilisèrent sans démonter ni la structure économique ni la structure politique qui les avaient rendues possibles. Sur les terres que la justice transitionnelle est parvenue à restituer jusqu’à présent, à peine un demi-million d’hectares en presque trois décennies de conflit, la moitié furent usurpées spécifiquement par des structures paramilitaires, la preuve la plus concrète que la spoliation ne fut jamais un dommage collatéral mais l’objectif même de l’opération. Là où l’État devait arriver avec le cadastre, des juges et des titres de propriété, il arriva d’abord avec des barrages, et quand il n’arriva même pas avec cela, ce furent les Castaño qui arrivèrent. Vingt-neuf ans après cette réunion d’avril 1997, une bonne partie des terres spoliées demeure sans restitution, une bonne partie des responsables politiques et institutionnels demeure sans être nommée en toutes lettres, et les sigles héritiers des AUC continuent de décider, sur des pans entiers du pays, qui entre et qui sort. Le paramilitarisme ne s’est pas terminé en 2006. Il est devenu structurel, il est devenu invisible pour qui ne vit pas dans ses zones de contrôle, et depuis lors il n’a cessé de gouverner…

G.S.

Sources

Gabriel Schwarb

À PROPOS DE L'AUTEUR

Gabriel Schwarb

Gabriel Schwarb est né entre frontières, a grandi entre les langues et a appris à lire le pouvoir avant les livres qui prétendaient l'expliquer. Écrivain suisse-colombien, fondateur et directeur éditorial d'AcidReport, un média trilingue sans affiliation, sans marketing et sans sponsors qui publie depuis la Suisse en espagnol, en français et en anglais. Il ne publie pas pour plaire. Il publie pour répondre. Dans le monde de la communication visuelle depuis 1997, il abandonne délibérément le confort esthétique pour se plonger dans l'analyse, les archives et la confrontation textuelle. Il construit AcidReport comme on construit une archive en temps de ruine, avec méthode, avec urgence et avec mémoire.

Écrire depuis la Suisse, cœur géographique de la finance mondiale, sur les périphéries que cette même finance organise n'est pas une contradiction. C'est la méthode. La distance ne produit pas la neutralité, elle produit la perspective. Son style est direct, analytique, dépouillé, plus proche de la dissection que de la métaphore. Sa méthode combine vérification stricte des sources, travail d'archives, OSINT et révision publique des erreurs. Pour lui, l'écriture n'est pas une aspiration littéraire. C'est un instrument d'analyse, un espace de dénonciation et un exercice de lucidité face aux structures qui préfèrent ne pas être nommées.

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